Mon avis sur l’éjaculation féminine !

Aujourd’hui, alors que le clitoris en 3D s’expose en porte-clé et en porte bonheur et qu’il débarque enfin dans les manuels scolaires (à noter cependant sa quasi absence parfois dans les livres d’anatomie pour adultes!), les recherches sur la prostate féminine et l’éjaculation féminine sont infimes et les données scientifiques sérieuses et objectives encore trop absentes. Le clitoris arrive au 21ème siècle, peut-être que la l’impression 3D de la prostate sortira au 22ème !

Profitant d’une étude récente datant de 2015 sur l’éjaculation féminine menée par les Dr Pierre Desvaux, andrologue et sexologue (Hôpital Cochin, Paris) et le Dr Samuel Salama , de nombreux articles sur internet s’en donnent à coeur joie dans la minimisation de l’éjaculation féminine voire remettre en cause son existence avec des titres comme « le mythe de la femme fontaine s’effondre » ou « éjaculation féminine, un mythe qui s’effondre« . Ces articles s’appuient sur les résultats de l’analyse sur l’étude de l’éjacula. D’après les chercheurs, celui-ci contiendrait principalement de l’urine. Ils montrent également que la vessie de la femme éjaculatrice se remplie pendant les rapports sexuels et se retrouve vide après l’éjaculation. On peut y lire également « C’est pourquoi on a longtemps cru que la femme pouvait, au même titre que l’homme, fabriquer ce liquide (appelé éjacula). Or, les glandes de Skéne et para-urétrales pèsent 2 à 5 g, soit dix fois moins que la prostate chez l’homme. Celui-ci, à l’aide de deux vésicules séminales supplémentaires, parvient à peine à produire l’équivalent d’une cuillère à café de sperme ! ». Les auteurs ignorent sans doute que le terme prostate féminine a été introduit en 2001 par la FICAT (Federative International Committee on Anatomical Terminology) et se justifiant par le fait de retrouver les mêmes types de cellules dans les glandes de Skene et dans la prostate masculine. Alors ? Une question de taille ?

Il est temps que les femmes, accompagnées des hommes,  s’emparent concrètement de leur anatomie sexuelle pour se la réapproprier.  Et j’en profite pour faire remarquer que dans nombre de livres d’anatomie on préfère tout regrouper sous le terme d’anatomie du système reproducteur !

Ce n’est pas parce que le corps féminin utilise la vessie pour contenir ou fabriquer ce liquide (l’éjacula) que l’éjaculation féminine n’existe pas. Le corps a sa logique que la raison ne perçoit pas toujours. Certains organes comme la rate participent par exemple au système sanguin et au système immunitaire. Il en va de même pour le foie qui produit la bile mais détoxifie aussi le sang. Alors pourquoi la vessie n’aurait-elle pas deux fonctions ? Je pense que l’éjaculation féminine est inhérente biologiquement à toute femme et qu’il n’y a ni mythe ni femme fontaine, mais certainement une fonction anatomique qui s’est tue à un moment donné par qu’elle a arrêté d’être mise en service pour des raisons évidentes que je ne me risquerai pas d’avancer sans preuve historique. Cependant cette hypothèse est bien corollaire à la main mise du patriarcat sur la connaissance du corps, sur l’obstétrique, et sur le soin médicinal qui étaient jadis si naturels aux femmes.

J’ai aussi lu dans certains de ces articles que l’éjacula pouvait être apparenté à de l’incontinence urinaire ! C’est nier encore une fois le lien évident entre l’éjaculation et le plaisir féminin. Demander à une une femme d’expulser de l’urine en faisant un grand jet 5 minutes après s’être vidé la vessie en urinant, je pense qu’elle aura bien du mal, alors qu’elle peut très bien y arriver dans l’atteinte de l’orgasme.

Pour conclure je dirai que ce qui compte, ce n’est pas tant de chercher une vérité scientifique dans ce contexte où les recherches sont encore minimes et la plupart du temps menées par des hommes, que d’être en relation sensorielle avec le corps pour comprendre son fonctionnement. Aussi j’invite les femmes à partir à la découverte sensorielle de leurs organes de plaisir et de construire ainsi leur propre représentation anatomique pour ensuite éventuellement la comparer aux descriptions anatomiques des livres. Dans cette quête de laisser se déployer tout le potentiel des organes de plaisir, le clitoris est sans aucun doute numéro un sur le podium mais j’ai l’intuition qu’il collabore étroitement avec la prostate et l’urètre !

C’est cette démarche que nous exploitons en BMC. Nous sentons, nous ressentons, nous agissons et ensuite nous allons regarder ce qui se dit scientifiquement sur le corps. Mais notre corps est vivant. Il bouge, il change et j’oserai même dire que, si l’on se fit à la physique quantique, nos cellules, sous l’observation des chercheurs, agissent peut être en fonction de l’intention de ces derniers !

Je cherche depuis quelques années déjà à amasser des documents pour aider les femmes et les hommes à comprendre et sentir leur anatomie sexuelle avec l’envie d’explorer le sujet dans le processus d’incorporation du Body Mind Centering. Je pense que c’est le moment et que je proposerai bientôt des ateliers autour de cette thématique.

Si vous vous sentez intéressés par cette proposition merci de me le partager.

En attendant, des propositions ce week-end  en lien avec l’anatomie féminine et le17 mai un atelier sur les organes sexuels féminins et masculins.

 

 

 

 

 

 

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